35 kW. C’est le chiffre qui borde toute la vie d’un motard fraîchement diplômé du permis A2. Pas 36, pas 34 : 35 kW, soit environ 47,5 chevaux, calculés selon un rapport puissance/poids qui ne doit jamais dépasser 0,2 kW par kilogramme. Deux ans plus tard, ce plafond peut sauter. Mais dans quelles conditions exactement, et pour quel coût ?
Le permis A2, un permis sous double plafond dès le départ
Contrairement à une idée reçue, le permis moto A2 n’impose pas une seule limite mais deux, qui se cumulent :
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La puissance : maximum 35 kW (47,5 ch), quelle que soit la cylindrée.
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Le rapport puissance/poids : maximum 0,2 kW/kg.
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Concrètement, pour exploiter les 35 kW autorisés, une moto doit peser au moins 175 kg (35 ÷ 0,2 = 175). En dessous, la puissance maximale légale diminue mécaniquement, ce qui explique pourquoi certaines sportives légères, pourtant affichées sous la barre des 35 kW sur le papier, restent hors catégorie A2.
Autre règle méconnue : une moto ne peut être bridée pour l’A2 que si sa puissance d’origine ne dépasse pas 70 kW (95 ch). Une Yamaha MT-07 (55 kW d’origine) peut donc être bridée à 35 kW pour environ le même prix catalogue que sa version libre. Une Honda CBR1000RR (plus de 140 kW), elle, restera définitivement hors A2, quel que soit le bridage appliqué.
La passerelle A2 vers A : ce qui débloque le débridage légal
Rouler débridé avant d’avoir rempli les conditions n’est pas une simple tolérance : c’est une infraction, et l’assurance ne couvre pas le sinistre dans ce cas.
Le délai des 2 ans, incompressible
Le compteur démarre à la date d’obtention du permis A2, pas à la date d’achat de la moto. Aucun aménagement n’existe pour raccourcir ce délai, même en cas de kilométrage important ou de stages de perfectionnement suivis en parallèle.
Une formation de 7 heures, sans examen
Passé ce délai, la passerelle vers le permis A se compose de :
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Bloc |
Durée |
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Théorie |
2 heures |
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Plateau (maniabilité) |
2 heures |
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Circulation |
3 heures |
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Total |
7 heures |
Aucun examen pratique ni théorique n’est requis : l’attestation est délivrée directement par l’auto-école à l’issue du stage. Le CPF reste mobilisable à 100 %, avec toutefois un reste à charge de 100 € depuis mai 2024, appliqué à toute formation permis financée par ce dispositif.
Combien coûte le passage à la pleine puissance ?
Le budget de la passerelle varie selon la région :
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250 à 400 € en province
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350 à 500 € à Paris et grandes agglomérations
Ce tarif inclut la formation, la location de la moto adaptée et le suivi pédagogique. À titre de comparaison, une formation directe au permis A (accessible sans A2 dès 24 ans) exige un minimum de 20 heures, l’ETM (épreuve théorique moto) et l’examen pratique complet, un budget nettement supérieur.
Le cas particulier des motos électriques
Sur une moto électrique bridée A2, le débridage ne passe pas par un kit mécanique mais par une mise à jour logicielle en concession, quand le modèle existe en version pleine puissance homologuée. Chez certains constructeurs, l’opération se fait à distance ; chez d’autres, un passage en atelier reste obligatoire. Dans tous les cas, la carte grise doit être mise à jour pour rester couvert par l’assurance, une étape souvent oubliée, qui expose à la même sanction qu’un débridage mécanique non déclaré.
Ce qu’il faut retenir avant de foncer chez le concessionnaire
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Le délai de 2 ans court à partir de l’obtention du permis A2, sans exception.
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La passerelle (7h, sans examen) coûte entre 250 € et 500 € selon la région.
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Le bridage (comme le débridage) doit toujours être documenté sur la carte grise, sous peine d’être considéré non conforme en cas de contrôle ou de sinistre.
Le permis A2 n’est jamais une case de passage anodine : ses deux plafonds, 35 kW et 0,2 kW/kg, dessinent une progression pensée pour laisser le temps à chaque motard de prendre de l’expérience avant d’accéder à la pleine puissance. Les deux ans d’attente ne se négocient pas, même avec un excellent dossier de conduite ou des stages multipliés en parallèle. La bonne nouvelle, c’est que la passerelle qui suit reste légère : 7 heures de formation, sans examen, pour un budget qui dépasse rarement 500 €. À l’inverse, viser directement le permis A sans passer par l’A2 impose d’attendre 24 ans et de repasser un cursus complet bien plus coûteux. Quel que soit le chemin choisi, la vigilance administrative reste la même : un bridage ou un débridage non mentionné sur la carte grise expose à un refus de prise en charge par l’assurance, bridage ou pas. Le meilleur réflexe reste donc de passer par une auto-école reconnue, capable de sécuriser chaque étape de ce parcours en deux temps.

