375 euros. Pas un de plus, pas un de moins. C’est la somme qui tombe, sèche, sur le pare-brise ou dans la boîte aux lettres de milliers d’automobilistes chaque année. Ce chiffre n’est pas jeté au hasard : il signe le passage d’une simple négligence à une sanction bien plus lourde, quand le calendrier administratif ne pardonne plus.
En France, cette amende forfaitaire de 375 € correspond à la fameuse contravention de quatrième classe. Elle cible une foule d’infractions routières, mais attention : cette somme ne surgit pas d’emblée. À l’origine, c’est 135 €. Mais laissez filer les 45 jours réglementaires sans régler, et la note s’alourdit. Hors délai, la sanction gonfle, et le couperet tombe : 375 € à payer. Certaines situations, absence de contrôle technique ou excès de vitesse, exposent même d’emblée à cette sanction. Et derrière le montant, s’ajoutent parfois d’autres conséquences administratives, comme la suspension du permis ou l’immobilisation du véhicule.
Comprendre les différentes classes de contraventions en France
En matière de contravention, le code pénal et le code de la route posent cinq catégories, chacune associée à un montant d’amende gradué selon la gravité du manquement. Pour mieux s’y retrouver, voici comment les sanctions se répartissent :
- 1ère classe : 11 € forfaitaire, majorée à 33 €, avec un plafond de 38 €.
- 2ème classe : forfaitaire à 35 €, majorée à 75 €, maximum fixé à 150 €.
- 3ème classe : forfaitaire à 68 €, majorée à 180 €, plafonnée à 450 €.
- 4ème classe : forfaitaire de 135 €, minorée à 90 €, mais grimpe à 375 € en cas de retard, jusqu’à un plafond de 750 €.
- 5ème classe : pas d’amende forfaitaire, sanction qui peut atteindre 1 500 €, voire 3 000 € en cas de récidive.
Pour les personnes morales, autrement dit les entreprises ou associations, la sanction est systématiquement multipliée par cinq. Ce système hiérarchise la gravité : oubli de document, mise en danger, ou non-respect d’une obligation, chaque classe vise un palier de responsabilité. La quatrième classe concentre de nombreuses infractions « courantes » : excès de vitesse modéré, usage du portable au volant, défaut de contrôle technique… La progression des montants, dictée par la loi, vise clairement à rappeler à l’ordre tous les profils, du conducteur aguerri au chef de parc automobile.
375 € d’amende : à quelles infractions ce montant correspond-il réellement ?
375 €, ce n’est pas une somme arbitraire : c’est le montant de l’amende forfaitaire majorée frappant les contraventions de 4ème classe quand le paiement n’a pas été effectué dans les temps. Initialement, l’amende s’élève à 135 €. Mais laissez passer les délais, et le tarif bondit à 375 €. Cette règle s’applique à de nombreux manquements : par exemple, l’excès de vitesse compris entre 40 et 49 km/h au-delà de la limite autorisée. Là, la sanction commence à 135 €, peut descendre à 90 € en cas de paiement rapide, mais grimpe à 375 € si on tarde à régler. Même logique pour l’usage du téléphone au volant, la circulation en sens interdit, ou encore l’absence de contrôle technique à jour. Le montant s’envole, non pas par surprise, mais pour avoir laissé traîner. Pour les sociétés ou gestionnaires de flotte, la sanction s’alourdit encore : 1 875 €, cinq fois plus. Ce dispositif vise à responsabiliser tous les usagers, pas seulement les particuliers. Oublier de régler, c’est accepter de payer bien plus : la règle est implacable.
Excès de vitesse, contrôle technique : panorama des sanctions et des conséquences
Les excès de vitesse, capturés par les radars automatiques, représentent l’essentiel des contraventions de 4ème classe. Un dépassement entre 40 et 49 km/h au-dessus de la limite ? Le tarif tombe : 135 € (90 € en paiement rapide), mais 375 € si le règlement tarde. Et le juge peut pousser jusqu’à 750 €. Ce n’est pas tout : la sanction administrative prévoit aussi le retrait de 4 points. Selon la gravité, la suspension du permis peut aller jusqu’à trois ans. Les entreprises ne sont pas épargnées : pour chaque véhicule concerné, l’amende est multipliée par cinq. Gérer une flotte exige une rigueur absolue, faute de quoi les factures s’accumulent. Autre source de sanction : la non-présentation du contrôle technique. Même logique : amende forfaitaire, majoration si retard, et parfois immobilisation du véhicule. Là encore, chaque oubli administratif peut coûter cher. Le retrait de points dépend directement de la gravité : pour un excès modéré, cela va de 1 à 4 points en moins. Un stage permet de récupérer jusqu’à 4 points, mais ce n’est pas automatique, et il faut respecter un délai entre chaque stage. À chaque infraction, la mécanique administrative suit son cours, sans place pour l’improvisation.
Contester une contravention : démarches, délais et conseils pratiques
Recevoir un avis de contravention ne signifie pas s’incliner sans réaction. La contestation reste un droit pour tout conducteur, que l’amende soit simple ou majorée. Le code de la route détaille le parcours à suivre, balisé par des délais stricts. Première étape : adresser votre contestation à l’officier du ministère public, dans les 45 jours suivant l’avis (30 jours pour une amende déjà majorée). Passé ce délai, la sanction grimpe et la fenêtre de recours se referme. Nul besoin de payer pour contester : il faut joindre la requête en exonération ou la réclamation, tous les justificatifs nécessaires, la copie de l’avis, et, si besoin, une lettre explicative.Si la demande est rejetée, le dossier part devant le tribunal de police. L’accompagnement par un avocat n’est pas obligatoire, mais il peut s’avérer précieux, notamment pour les affaires techniques comme une erreur de radar. Respecter les étapes, conserver chaque document, envoyer les courriers en recommandé : tout compte. Un argumentaire précis et des preuves concrètes renforcent la démarche.
Pour réussir sa contestation, voici les points à surveiller de près :
- Délais : 45 jours (contravention simple), 30 jours (amende majorée)
- Destinataire : officier du ministère public, puis tribunal de police en cas de refus
- Documents à fournir : avis de contravention, tous les justificatifs, lettre explicative au besoin
Réagir vite, suivre la procédure à la lettre : c’est la seule route pour espérer réduire ou annuler le montant réclamé. L’automobiliste averti sait que le temps, ici, ne joue jamais en sa faveur. Et sur la route comme dans l’administration, un simple retard peut transformer une étourderie en vrai casse-tête financier.


